Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 14:28

       Il a les yeux en forme de poème, mon Papa...
Victor Hugo a écrit qu'"un poète, c'est tout un monde dans un seul homme". Le sien, je ne le connais pas. Mon Papa, ce Secret... J'exagère. De son univers, je sais quelques bribes qui transparaissent dans ses gestes, ses attitudes ou ses mots. Mais son regard... comme un gardien de son âme, il parle beaucoup mais dans un langage codé. Je sais lire sa colère ou sa déception. Sa gaieté aussi. Mais sa fierté, sa satisfaction, son émotion, je ne sais pas.

       Il a les yeux en forme d'inconnu, mon Papa...
Son petit monde, sans doute, ne me regarde pas. Mais ce qu'il pense de moi... j'avoue, ça m'intrigue. Egoïstement et narcissiquement inquiète de l'estime qu'il a pour moi. Est-il content, fier de celle que je suis devenue? Est-ce qu'il croit en moi? Est-ce que je l'ai ému, parfois... mon Papa?

      Il a les yeux en forme de mystère, mon Papa...
Une longue énigme que j'essaie de résoudre depuis toujours. Je me suis trompée, souvent. Et je m'y suis perdue. J'ai brûlé mes espoirs et mes envies en pensant qu'il ne m'aimait pas telle que j'étais. J'ai oublié l'estime que j'aurais dû avoir pour moi, en croyant qu'il n'en avait pas. J'ai perdu ma confiance en la vie... persuadée qu'il ne voulait pas que j'emprunte la voie qui me convenait.
J'ai tout fait de travers, dans le but de lui plaire... mon Papa...

       Mais tout ce qu'il voulait, en fin de compte, c'était que je devienne quelqu'un.
Et ce quelqu'un, c'est moi.

Par Anne Dupont - Publié dans : Ceux que j'aime...
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 14:22

Orage. Ambiance étrange. Lourde. Quelque chose se prépare, se fait attendre. Il est prévu, et pourtant... on se laisse toujours surprendre.

Orage. Violence soudaine. Le ciel gronde, s'énerve, se fâche. Comme une colère trop longtemps contenue. Le tonnerre, les éclairs, remettent les points sur les "i" et la pluie nous réveille, nous punit.

Orage. Un message? J'aime bien cette idée... que des esprits mécontents viendraient nous secouer. Comme quelqu'un qu'on n'écoute pas et qui finit par hausser le ton pour se faire entendre.

Orage qui s'acharne. Et la pluie se déchaîne. Fenêtre ouverte. C'est dangereux, je sais. Mais besoin de voir, d'écouter, de sentir l'orage passer.

Orage qui se calme et tempête apaisée. Nous voilà soulagés.

       Mais qui saurait dire si le message est bien passé?

Par Anne Dupont - Publié dans : Les choses...
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 14:13

       "Tu as beaucoup de chance d'avoir un rapport aussi affectueux,je n'ai jamais connu ça..." 

Ton commentaire me chamboule Gazou... Il me trouble, m'interroge, me turlupine, m'intrigue et réveille des choses.

       Je m'aperçois qu'à  ans, je vis encore avec le coeur de ma Maman qui résonne dans ma tête. Elle est présente dans mes pensées, mes décisions, tout comme dans certains gestes et intonations de ma voix. Je la reconnais en moi, malgré mon tempérament et mon caractère, bien différents des siens. Elle m'inspire, m'influence dans mon comportement avec les enfants: j'ai toujours admiré la facilité avec laquelle elle communique avec eux.
   Ma maman est là, en moi, même quand je l'oublie...

       Un chance? Sans doute. Une difficulté aussi... Celle de la séparation. Se dire qu'on n'a plus l'âge d'être la fille de sa Maman. Comprendre qu'il faut devenir adulte maintenant. Femme, puis maman. Quand je pense qu'à mon âge elle avait trois enfants... déjà. Faire la part des choses: elle reste ma maman et moi sa fille, mais je n'ai plus le droit de rester sous son aile. Lui demander des câlins pour éloigner le chagrin, poser ma tête sur son ventre parce que ça fait du bien aux souvenirs, l'appeler sans raison, trouver un prétexte bidon juste pour entendre sa voix... parfois. Tout ça m'est interdit désormais. C'est la Vie. Un jour vient où il faut quitter le nid, comme on dit.

       Une chance... sans doute, malgré tout.
Je me demande comment on se sent quand on ne l'a pas. J'imagine que c'est douloureux, mais est-ce qu'on n'est pas plus proche de Soi quand on l'est moins de sa maman?

       Il faudra que tu nous racontes, Gazou...

Par Anne Dupont - Publié dans : Essais
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /Mai /2008 14:47

      "Bon ben, peut-être à toute à l'heure... et puis merci hein!". Elle a dit ça en montant l'escalier, et je me suis surprise à lui répondre machinalement: "y a a pas de quoi!".

       "Y a pas de quoi"... Elle te remercie de lui avoir tenu compagnie pendant deux jours et tu ne trouves rien d'autre à lui répondre que "y-a-pas-de-quoi!".

       En fait, je crois que je ne m'attendais pas à ce merci... C'est ma Maman quand même... Papa parti pendant trois jours et cette maison lui fichait le cafard le soir. Pas envie d'y rester seule. Je comprends. Je l'ai vécu aussi. Quand ils étaient absents et que je ressentais le besoin de venir y faire un petit tour, voire un petit séjour. Comme pour vérifier s'ils étaient toujours là, s'ils avaient toujours les mêmes affaires, les mêmes habitudes, la même vie... Vérifier que j'avais paut-être aussi une toute petite place dans cette maison où je n'habitais pas. Je me souviens avoir pleuré en voyant une photo de moi sur un mur: c'était la preuve que j'étais un peu là avec eux, malgré tout.
   Sans doute qu'à cette époque j'avais besoin de ça. Sans doute que seule dans mon appartement, je me sentais comme mise en quarantaine, obligée à devenir adulte et me passer de leur présence, moi qui aurais voulu rester leur petite fille, blottie sous leurs ailes et protégée de tout. Sans doute qu'ils me manquaient, mais que, ne pouvant l'avouer, je devais me contenter de m'imprégner d'eux en leur absence.
   J'avais mal à mon Papa... mal à ma Maman... un chagrin gros comme ça qui se devait de rester un secret.

       L'an dernier, à la même occasion, j'étais ravie d'aller tenir compagnie à ma Maman... on comprends pourquoi.
   Mais aujourd'hui, tout est différent. Je suis différente. Je suis. J'ai ma vie. Mon chez moi... et l'idée de retourner vivre chez mes parents, même pour deux jours, me fichait un peu le cafard, j'avoue... Peur de me souvenir de tout ça, de retomber dans cette nostalgie qui m'a trop longtemps poursuivie, et surtout peur de me sentir bien... auprès de ma Maman... et que le chagrin revienne pointer son nez le jour de mon départ.

      La premier soir, tout est revenu: des flashs, des images, des sentiments, des odeurs se succédaient dans ma tête comme un orage bordélique et tellement fort qu'il en réveillerait les morts. Et tout ça rythmé par cette phrase qui trottait dans ma tête (au sujet de ma Maman assise à l'autre bout du canapé): "mais qu'est-ce que je l'aime..."

       Bien sûr, j'ai pleuré. Mais c'était bien... le chagrin du passé devait s'en aller.

     Et le lendemain, voilà. Tout allait bien. C'était chouette d'être avec ma Maman. Comme des petites vacances. Un soir et un matin pas comme les autres. C'était chouette de lui raconter ma journée. C'était chouette d'aller l'embêter dans son lit quand elle essayait de bouquiner. Chouette de lui préparer la table pour le petit déjeuner et puis de discuter encore. C'était chouette... parce qu'elle est comme ça ma Maman...

       Et c'est pour ça que son "merci" m'a prise de cours... parce qu'elle m'a apporté plus durant ces deux jours, que je ne l'ai fait pour elle.

      Alors, après réflexion, Maman, c'est à moi de te dire "Merci".

Par Anne Dupont - Publié dans : Essais
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Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /Avr /2008 12:35

       On ne lui demandait pourtant pas l'impossible: dire "Bonjour Madame, je voudrais une baguette non moulée pas trop cuite s'il vous plaît".
Oui mais voilà. "Bonjour Madame, c'était déjà trop compliqué. C'était comme dire "Coucou! Je suis là!". Entrer. Exister. Tous les clients allaient se retourner, s'apercevoir de sa présence. Elle allait troubler la scène: arrivée d'un nouveau personnage, mais qui est-il celui-là? Que va-t-il apporter à ma pièce? Rien justement. Elle n'apportait rien à qui que ce soit. Et qui plus est, elle devait oser affirmer une exigence. Non, deux: "non moulée" et "pas trop cuite". Et puis quoi encore? Tu ne veux pas non plus qu'on lui mette un petit ruban pour te faire plaisir?

       On ne lui demandait pourtant pas l'impossible... mais ce qui était possible, voire banal pour Monsieur Tout-le-monde, ne l'était pas pour elle. Exister... Même respirer lui était difficile: asthmatique et toujours enrhumée, on lui repprochait toujours de respirer trop fort. Et qu'est-ce qu'elle pouvait y faire?
Rien. Si ce n'était se faire toute petite-discrète-inexistante-insignifiante puisque gênante.
   Dire "Bonjour Madame" n'était pas pour elle une politesse. Plutôt une intrusion. Une revendication: "Regardez-moi, je suis là et je m'invite chez vous". S'inviter... mon Dieu... S'inviter. S'imposer. Dire "je". "Je suis". "Je respire". "J'existe" et non "Vous, qu'attendez-vous de moi?". Etre sujet plutôt que complément. Dire "J'ai envie" au lieu de "que voulez-vous que je fasse". Etre acteur, auteur, et non exécutant des désirs de l'autre". N'être jamais soumis: être Soi. Oui mais au nom de quoi? Au nom de quoi avait-elle le droit de penser à elle?

       Ce n'était pourtant pas l'impossible qu'on lui demandait. "Bonjour Madame, je voudrais une baguette non moulée pas trop cuite s'il vous plait". Pas impossible... mais problématique. Et ça, personne ne le comprenait. Elle était "timide", tout simplement. Elle avait peur des autres", elle "manquait de courage".
   Mais non! C'était elle-même qu'elle craignait... Peur d'elle-même, de gêner, déranger, d'être de trop, de trop en faire, de respirer, parler trop fort, d'être trop ci, trop ça, trop là, trop... trop... trop... Toujours trop! Elle était trop cette fille-là. Et trop timide en plus de ça!

       Alors non, ce n'était peut-être pas l'impossible qu'on lui demandait là. Mais pourtant, pour une fois, elle allait se permettre de refuser. Refuser de rendre ce service.
Pour une fois, elle allait s'écouter. S'autoriser à dire non. S'autoriser à avoir peur. S'autoriser une faiblesse, au détriment de l'autre.

       Un petit pas en avant... peut-être...

Par Anne Dupont - Publié dans : Essais
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 13:00
Je l'ai trouvé par terre
C'était écrit "pardon"
Plein de pardons sincères
Sur un papier perdu
Des excuses légères
Celles d'un inconnu
Pardon, pardon, partout
Et puis par dessus tout
"Pardonne moi, pour ça
Je ne l'ai pas voulu"...
Petit papier par terre
Tant de pardons perdus
Ces excuses sincères
On n'en a pas voulu
Les pardons restent là
Des espoirs plein les bras...
Partout, par terre, perdus
Des pardons éperdus
Que peut-être un beau jour
Elle retrouvera
Retombera dessus
Et les acceptera...

Par Anne Dupont - Publié dans : La tête en vrac
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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /Avr /2008 13:02
Une chambre
Une armoire
Une porte
Une boîte
Une lettre
Qu'elle lira peut-être...

C'est son histoire...
Par Anne Dupont - Publié dans : La tête en vrac
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Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /Avr /2008 12:46

       Concert de Christophe MAE. Hier soir. Je n'étais pas une fan invétérée, j'avoue. Mais quand la place nous est offerte, la curiosité se laisse satisfaire.

     Pas fan donc. Au départ. Mais voilà que ce petit bout d'homme, haut comme une dizaine de pommes, a changé bien des choses...

     L'Afrique. Elle est là, présente. Dans le décor, mais pas seulement. Parmi les musiciens, mais pas seulement. Elle est en lui. Dans sa musique. Et dans son âme probablement. L'Afrique lointaine, chaude, spirituelle, est venue nous rendre visite hier, grâce à un petit blanc dont on a l'impression qu'il s'est trompé de couleur. Un daltonien de coeur?

     Un coeur noir dans un corps blanc...

     Transportée donc... la petite casanière que je suis, hier, a voyagé. Partie loin, dans un endroit où le corps, le coeur et l'âme s'entendent bien.
Et quand la contrebasse se mettait à chanter, c'était alors comme si elle venait remplacer mes battements de coeur. Elle était là, dans ma poitrine, éléctrochoc musical. Mon corps ne suivait plus mon coeur, mais le rythme produit par un long bout de bois aux courbes bien plus féminines que les miennes.
Dame contrebasse me donnait une leçon...

     ... Tout comme lui, le petit homme haut comme dix pommes; petite sauterelle à l'âme d'un sage. Son chant est un cri, un message, un son venu d'on ne sait où, mais qui nous envahit. Il est magique cet homme là... Grand coeur de noir dans petit corps de blanc? Petit homme si vivant. Une leçon encore...

     Il a réveillé l'Envie, la Pulsion de Vie, la flamme qui brûlait avant, dans mon ventre, mais qui s'est endormie depuis bien trop longtemps...

     Son âme à lui me rappelle à la mienne... et mon corps lui demande : "mais qu'est-ce que tu fabriques?! Dis, qu'est-ce que tu attends?!". De ne plus avoir peur probablement... Il a raison d'être en colère.

     Un coeur de noir, dans un corps de blanc. Une âme grande comme l'Afrique. Un petit homme a réveillé ma Vie.



       Une seule chose à dire: Monsieur MAE, merci.

                                                                                                                                                 Demain, je chanterai... promis.

Par Anne Dupont - Publié dans : Les Admirables
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /Mars /2008 12:50

On craque...
Quand la musique nous envole
On craque...
Lorsque la raison devient folle
On craque...
Lorsqu'on revient aux premiers âges
On craque...
Quand on oublie de rester sage
On craque...
Parce qu'on aime trop son Papa
On craque...
Et qu'on se blottit dans ses bras
On craque...
Juste comme ça...
Contre son coeur
Même à vingt ans
Même si la morale
Aujourd'hui le défend
Parce qu'on n'est plus un enfant...
On craque...
Lorsque le coeur n'a plus le choix
Alors on craque...
Et c'est comme ça.

ça fait du bien
Parfois...
Mine de rien.

Par Anne Dupont - Publié dans : La tête en vrac
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 12:49
Orthographe
Cauchemar
Des amoureux
Des sons.

Pourquoi deux 'h'
A orthographe
Quand on pourrait
N'en mettre aucun?

Ortografe...
Et pourquoi pas?
Et puis ce 'e'
Ce 'e' muet

Bien trop discret
Puisqu'il se fait
Vite oublier
Ortograf...

ça fait du bien
Parfois
D'oter
Le superflu...

Mais il faut avouer
Que devenu tout nu
Le mal orthographié
A perdu de sa grâce...

Alors remplumons-le
Oui, renjolivons-le:
Ortograf
Ortografe
Orthographe

Ah... ça va mieux.
Par Anne Dupont - Publié dans : La tête en vrac
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